Demain, le 8 mars, c’est la journée des droits des femmes. Encore une fois, nous allons connaître les nouveaux chiffres sur l’égalité H/F et nous allons découvrir les formidables initiatives mises en place à travers le monde.

J’ai envie de vous parler aujourd’hui, à ma petite échelle, d’une colère que je sens monter en moi depuis des années. J’arrivais à l’accepter il y a vingt ans quand je vivais dans ma bulle, un peu moins il y a dix ans quand je suis devenue consultante indépendante. C’est devenu intolérable quand j’ai commencé à l’entendre régulièrement dans des rendez-vous avec des femmes entrepreneures :

« Oh mais l’informatique, ce n’est pas pour moi. Je préfère déléguer cela à mon compagnon ou à mon frère ! ».

Il n’y a aucun mal à déléguer, certes, c’est plutôt le début de la phrase qui est devenue inacceptable à un moment où le numérique, facteur de croissance et d’autonomie, est partout.

Je suis informaticienne depuis près de vingt ans et quand je décrivais, il y a quelques années, mon métier qui est pourtant très technique, il était souvent réduit à quelque chose de plus « féminin » au sens commun du terme. Quand j’expliquais que je travaillais dans le domaine des Systèmes d’Information Géographique, on me disait « ah tu dessines des cartes ». Quand je décrivais ce que je développais, on me disait « tu fais des sites internet alors ? Du graphisme ? ».

Alors, il y a aussi des hommes qui dessinent de très belles cartes mais je n’en ai jamais dessiné aucune. Il y a des hommes qui sont d’excellents graphistes et je ne suis pas graphiste. Je suis développeuse, je suis codeuse, je suis chef de projet, je suis consultante technique… Je suis tout ce qui pouvait déranger certains hommes autrefois et qui est devenu heureusement plus courant aujourd’hui.

Dernièrement, une personne très charmante, que j’apprécie, m’a dit : « Il y a tellement peu de femmes informaticiennes que les sociétés de service sont contentes qu’il y en ait dans leurs équipes, même si elles sont moins compétentes que les hommes ».

Ah.

OK.

Je ne souhaite pas que toutes les femmes travaillent dans le domaine du numérique, je souhaite que les femmes réalisent que le numérique aujourd’hui est à la portée de tous. On peut apprendre à coder en moins d’un an, on peut apprendre un langage de programmation en quelques semaines en ligne, on peut utiliser des logiciels au quotidien et des applis sur son smartphone sans être hyper calée. Le numérique est un outil d’évolution, de liberté, d’éducation, tout comme l’écriture et la lecture l’étaient il y a quelques siècles (et le sont encore).

A l’heure où nos enfants apprennent à coder à l’école, apprennent l’usage des tablettes en classe, comment autant de femmes peuvent-elles encore croire que le numérique est exclusivement destiné aux hommes ?

Il y a plusieurs semaines, j’ai pris la décision d’orienter mon activité professionnelle vers du conseil, du coaching et de la formation. Et ceci, avec une ambition non cachée : donner aux femmes entrepreneures toutes les billes qui pourraient les aider à acquérir plus d’autonomie et comprendre le jargon de leurs prestataires développeurs. Mon ambition va plus loin, j’aimerai que toutes les femmes réalisent que le développement informatique ou la gestion de bases de données sont à la portée de leur main si elles le souhaitent.

Mesdames, vous avez tout en vous pour devenir autonomes, vous avez tout pour être libres, vous avez tout aujourd’hui à votre disposition pour vous former ! Ensemble, luttons avec bienveillance contre l’illettrisme numérique.

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